Le 08 mars, le Bénin, à l’instar de la communauté internationale, célèbre la journée internationale des droits des femmes. Nous en sommes en 2026 à la 31ᵉ édition, placée sous le thème :
« Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles ».
Cette journée est l’occasion de célébrer les avancées sociales, économiques et politiques des femmes, mais aussi de rappeler que la connaissance et l’exercice des droits sont essentiels pour obtenir justice. Au cœur de ces droits fondamentaux se trouve le droit à la santé, pilier indispensable de la dignité, du bien-être et de la vie humaine.
Au Bénin, comme dans de nombreux pays, les femmes font face à des défis majeurs en matière de santé, mais aussi à diverses formes de violences qui compromettent leur bien-être physique, mental et social. Garantir les droits des femmes, c’est donc aussi agir pour prévenir les cancers féminins et lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre.
Les cancers féminins : un défi majeur de santé publique
Le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus figurent parmi les cancers les plus fréquents chez la femme.
Le cancer du col de l’utérus est principalement causé par une infection persistante au papillomavirus humain (HPV). Grâce à la vaccination des filles âgées de 9 à 14 ans et au dépistage précoce, il est possible de prévenir efficacement cette maladie.
Concernant le cancer du sein, aucune cause unique n’est clairement identifiée à ce jour. Toutefois, plusieurs facteurs de risque sont connus, notamment l’âge, les antécédents familiaux, certaines modifications hormonales et des facteurs liés au mode de vie. Malgré cela, un diagnostic précoce améliore considérablement les chances de guérison, notamment grâce à l’auto-examen des seins, à l’examen clinique et à la mammographie selon l’âge.
Au Bénin, malgré les efforts du gouvernement, du ministère de la Santé et des partenaires techniques et financiers dans la prévention et la lutte contre les cancers féminins, le diagnostic tardif reste un défi majeur. Beaucoup de femmes peinent encore à se faire dépister. Ce paradoxe s’explique par une combinaison de facteurs socioculturels, psychologiques et structurels, dont plusieurs sont profondément liés aux inégalités de genre. Renforcer l’information sur le droit des femmes à la santé, à la prévention et au dépistage et faciliter l’accès aux services de santé demeure donc une priorité.
Violences faites aux femmes : un enjeu majeur de santé publique
Les violences basées sur le genre (VBG) constituent des actes ou pratiques exercés en fonction du sexe, du statut ou du rôle social d’une personne, entraînant souffrance ou préjudice physique, sexuel, psychologique ou économique. Au Bénin, plus de 94 000 cas de VBG ont été enregistrés entre 2020 et 2023 dans le système national de collecte de données, et les femmes et les filles représentent environ 80 à 90 % des victimes
Ces violences peuvent prendre plusieurs formes : physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. Elles constituent une grave violation des droits humains et ont des conséquences directes et durables sur la santé des femmes.
Elles peuvent entraîner :
- des traumatismes physiques,
- des troubles psychologiques,
- des complications gynécologiques,
- des infections sexuellement transmissibles,
- des grossesses non désirées,
- l’abandon scolaire chez la fille,
- une perte d’emploi ou une incapacité à travailler,
- la stigmatisation et la marginalisation sociale,
- et dans les cas les plus graves, le décès de la victime.
La lutte contre les violences faites aux femmes est donc indissociable de la promotion de leur santé et de leurs droits.
Dans ce cadre, le Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles (PNLMNT) s’associe aux efforts du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance, du Ministère de la Santé et de l’Institut National de la Femme (INF) pour promouvoir la protection des droits des femmes, encourager la dénonciation des violences et soutenir la mise en œuvre des Procédures Opérationnelles Standardisées (POS) 2023 pour la prévention et la prise en charge des victimes de VBG.
Ces mécanismes incluent notamment :
- la prise en charge médicale,
- l’accompagnement psychologique,
- l’appui social,
- et l’assistance juridique et judiciaire aux victimes.
Le droit à la santé : une responsabilité collective
Garantir aux femmes un accès équitable aux soins, à la prévention, à la protection et à l’information nécessite l’engagement de tous : institutions publiques, partenaires techniques et financiers, communautés et familles. Il convient également de rappeler que le dépistage et la vaccination contre le HPV, le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus, le diagnostic précoce du cancer du sein ainsi que la prise en charge des violences basées sur le genre (VBG) font partie intégrante du paquet minimum de soins offerts dans les formations sanitaires périphériques sur toute l’étendue du territoire national.
Les femmes et les filles sont donc invitées à se rapprocher des centres de santé pour se faire dépister, se faire accompagner et bénéficier d’une prise en charge adaptée lorsque cela est nécessaire. Promouvoir la santé des femmes, lutter contre les cancers féminins et prévenir les violences, c’est investir dans la stabilité des familles et dans l’avenir du pays.
En cette journée internationale des droits des femmes 2026, le message est clair :
- Se faire dépister
- Se faire vacciner
- Dénoncer les violences
- Soutenir les victimes
Chaque femme, chaque fille mérite d’être protégée, respectée et accompagnée.
Chaque action compte pour bâtir une société plus équitable, plus sûre et plus saine pour toutes.